Translation, 2020
Installation vidéo HD, 3-canaux synchronisés, 1,77, couleur, son quadriphonique, 13’42
Translation, ou l’expérience d’une terre qui déborde et ne persiste que dans les pas d’un homme. Figure isolée, l’homme circule aux limites du milieu qu’il arpente. Il nous précède, nous accompagne et nous succède. La responsabilité de son geste évolue par la formulation d’une présence qu’il porte. Son déplacement se frotte à l’environnement, s’attache à l’expérience du non-lieu et à l’étendue en écho qui s’étire, doublée par un monde de reflets. Seul l’horizon scinde l’espace dans son rapport intégral.
Réalisation : Lefebvre Zisswiller, étalonnage : Elliot Eugénie, néons : Alexis Neons, production : Lefebvre Zisswiller, avec le soutien de la Région Centre-Val de Loire, de la Draaf, de la Drac Centre-Val de Loire, du Legta de Chartres La Saussaye et de la Drac Grand Est.
Translation, stills de la vidéo
Translation, vue d’exposition, Les Sentinelles, Le Fresnoy-Studio national des arts contemporains
Translation, 2020
Installation vidéo HD, 3-canaux synchronisés, 1,77, couleur, son quadriphonique, 13’42
Translation, ou l’expérience d’une terre qui déborde et ne persiste que dans les pas d’un homme. Figure isolée, l’homme circule aux limites du milieu qu’il arpente. Il nous précède, nous accompagne et nous succède. La responsabilité de son geste évolue par la formulation d’une présence qu’il porte. Son déplacement se frotte à l’environnement, s’attache à l’expérience du non-lieu et à l’étendue en écho qui s’étire, doublée par un monde de reflets. Seul l’horizon scinde l’espace dans son rapport intégral.
Réalisation : Lefebvre Zisswiller, étalonnage : Elliot Eugénie, néons : Alexis Neons, production : Lefebvre Zisswiller, avec le soutien de la Région Centre-Val de Loire, de la Draaf, de la Drac Centre-Val de Loire, du Legta de Chartres La Saussaye et de la Drac Grand Est.
Translation, stills de la vidéo
Translation, vue d’exposition, Les Sentinelles, Le Fresnoy-Studio national des arts contemporains
Candela, 2022
Installation vidéo 4K, 1,77, couleur, son stéréo, 12’01, néons (dimensions variables), compost
«En ce temps là, nous entrions dans la nuit et plus rien n’apparaissait distinctement. Nous cherchions alors à modifier nos postures pour construire d’autres relations avec notre milieu.» À travers une suite de stances, Candela met en scène des adolescents dans des positions d’affût ; attentifs aux manifestations du vivant.
Réalisation : Lefebvre Zisswiller, étalonnage : Elliot Eugénie, néons : Alexis Neons, production : Lefebvre Zisswiller, avec le soutien de la Région Centre-Val de Loire, de la Draaf, de la Drac Centre-Val de Loire, du Legta de Chartres La Saussaye et de la Drac Grand Est.
Candela, stills de la vidéo
Candela (détail de l’installation), néons, gaz argon, compost, organismes vivants
État du langage, 2021
Film, DCP, 1,33, couleur, son digital 5.1, 13’12
Le langage est une matière organique, visible et translucide, que l’on peut traverser de part en part. Il se déploie dans son propre milieu comme un magma ou comme des cristallisations solides et creuses. Au cours de ces changements d’état, une prosodie cherche à se manifester et à s’extraire. Il s’agit d’ausculter cette tentative de formulation et les forces transformatrices du langage.
Réalisation : Lefebvre Zisswiller, image : Alan Guichaoua, montage : Anna Brunstein, CGI : Alexandre Peschmann, étalonnage : Marine Surblé, ingénieur du son : Christian Cartier, assistant prise de son : Victor Lenoir, sound design : Adrien Fontaine, montage son et mixage : Clément Decaudin, assistant montage son : Manu Martin production : Le Fresnoy-Studio national des arts contemporains, partenariats : le CIAV Meisenthal, le CRD Tourcoing, l’Icam Lille
État du langage, stills du film
Le chant du verre, texte, BeauxArts
Comment mettre en scène le langage ? Donner corps au son à travers des images, mission impossible ? Qu’à cela ne tienne, c’est le défi que s’est lancé le duo Lefebvre/Zisswiller, respectivement Nicolas et Camille, qui ont fait leurs armes à l’École du Louvre, à la HEAR de Strasbourg ou encore à la Cambre de Bruxelles, avant de rejoindre les rangs du Fresnoy en 2019.
Leur court métrage État du langage, réalisé en 2021 et présenté l’année suivante à l’Imagine Science Film Festival de New York, montre la métamorphose du verre. Treize minutes durant, les images réelles et les visions modélisées par ordinateur d’un bloc translucide se succèdent. Il se tord à l’envi, générant une valse étrange des atomes en mouvement.
Pour le duo, au cours des changements d’état de la matière, « une prosodie » – musique du langage propre à chaque langue – se manifeste. Et quelle musique ! À la moitié du film (7’30), le son numérique se met à rire, d’un petit hoquet de « ha » et de « ha ». Des infimes bribes de paroles cristallines, à la fois capricieuses et inquiétantes – c’est à nous de le dire – rythment cette épopée de la matière en fusion. Entre expérimentation, poésie visuelle et cinéma d’animation, le court métrage exprime avec finesse ce qui est formulé au-delà du langage.
Sophie Bernal, 2022
Muddy Doodle, 2024
Série photographique
Réalisées en Occitanie sur le site d’une ancienne faïencerie recouverte aujourd’hui par la forêt, les photographies de la série Muddy Doodle confondent plusieurs typologies : matière et mémoire, environnement et relations, artefact et geste automatique. La notion d’automatisme provient de l’industrialisation du site, où des ouvrier·ères ont produit pendant plus d’un siècle des objets en série à partir de l’argile locale. À revers de cette production, les artefacts découverts au même endroit et présentés dans les photographies constituent des formes abstraites échappant à toute classification, proches du répertoire de signes d’un langage primal. Tel un rituel précédant la mise à l’oeuvre du travail manufacturé, ces formes autonomes manifestent la pure préhension, l’excitation motrice et la manipulation spontanée de la matière. L’argile renvoie à une dualité : essentielle à la vie par sa composition chimique, c’est aussi un support de croyance en tant qu’objet façonné. En convoquant l’idée — présente dans plusieurs récits sur l’origine de l’humanité et dans certaines théories scientifiques contemporaines — selon laquelle la vie s’est formée à partir de l’argile, la série exhume une mémoire mythique du monde. Témoignage d’une présence invisible laissée par l’humain dans un milieu, Muddy Doodle invite à imaginer d’autres relations possibles au territoire, en nous tournant littéralement vers le sol.